Code généré par IA et vibe coding : droit d’auteur, licences et risques juridiques

Mots-clés. Vibe coding, intelligence artificielle, propriété intellectuelle, GitHub Copilot, code généré par IA, Règlement IA, open source.

Analyse juridique par Matthieu Quiniou, Avocat Associé IP/IT D&A Partners

Le vibe coding désigne l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle générative pour produire du code informatique à partir d’instructions en langage naturel.

Les outils de génération de code par intelligence artificielle, tels que GitHub Copilot, ChatGPT ou Claude, permettent aujourd’hui de produire rapidement du code fonctionnel. Leur utilisation soulève des questions juridiques importantes liées à la propriété intellectuelle du code généré, aux licences open source, à la responsabilité en cas de bug ou encore conformité au Règlement européen sur l’IA.

Ce guide répond aux principales questions juridiques liées au vibe coding et au code généré par IA.

Points clés à retenir

  • Le code généré par IA peut être protégé par le droit d’auteur si une intervention humaine créative est démontrée.
  • L’utilisation du vibe coding peut exposer à un risque de contamination par licences open source (GPL, AGPL).
  • La responsabilité du logiciel reste en principe celle de l’entreprise qui le met en production.
  • Les entreprises doivent mettre en place des audits de code et de licences avant toute mise en production

1. Comprendre le vibe coding

Qu’est-ce que le vibe coding et comment fonctionne-t-il ?

Le vibe coding est une pratique de programmation rendue possible par les modèles d’intelligence artificielle générative, qui permet de créer du code informatique à partir d’instructions formulées sous forme de prompts.

Les grands modèles de langage (LLM), entraînés sur d’importants volumes de données et de contenus numériques, peuvent notamment avoir été entraînés sur des corpus comprenant du code provenant de dépôts publics tels que GitHub ou GitLab, ainsi que sur d’autres sources de données.

Bien que le vibe coding puisse être utilisé par des développeurs expérimentés comme outil d’assistance à la programmation, cette pratique contribue également à démocratiser l’accès au développement logiciel. Elle permet en effet à des personnes ayant peu ou pas de connaissances en programmation de générer du code à partir d’instructions formulées en langage naturel.

2. L’entraînement des modèle d’IA utilisés pour le vibe coding

Peut-on s’opposer à l’utilisation de son code pour entraîner des modèles d’IA ?

Théoriquement oui, en pratique c’est plus compliqué.

Le Règlement européen sur l’IA (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 fait référence à la directive sur les droits d’auteurs 2019/790 du 17 avril 2019 qui prévoit à ses articles 3 et 4 une exception au droit d’auteur pour la fouille de textes et de données (dite « exception TDM »).

Cette exception permet les reproductions et extractions d’œuvres accessibles de manière licite aux fins de la fouille de textes et de données, sauf lorsque les titulaires de droits s’y sont expressément opposés avec un procédé lisible par machine, par exemple avec des dispositifs comme les robots.txt.
En pratique, l’effectivité de ce droit d’opposition reste limitée. Les mécanismes d’opt-out sont encore imparfaitement standardisés et il est souvent difficile de vérifier si ces réservations sont effectivement respectées lors de la constitution des bases d’entraînement des modèles. Cette difficulté existe également pour le code informatique. Les fichiers de licence, les readme ou les commentaires dans les dépôts sont rarement pris en compte lors des opérations de collecte automatisée de données et de constitution des bases de données d’entraînement des modèles IA.

Le Règlement européen sur l’IA à travers les travaux du Bureau de l’IA prévoit certaines obligations de transparence pour les fournisseurs de modèles d’IA à usage général, notamment l’obligation de mettre en place une politique de respect du droit d’auteur et de documenter les données d’entraînement utilisées. Pour autant, l’opacité technique des systèmes d’entraînement des modèles, souvent décrits comme des boîtes noires et couverts par des secrets de fabrique et les secrets d’affaires ne permettent pas en pratique aux titulaires de droit de faire valoir en pratique leur opposition à l’entraînement à partir de leurs créations.

Les développeurs sont-ils rémunérés lorsque leur code a servi à entraîner des IA ?

C’est encore assez exceptionnel, mais la question est débattue, le code étant à certaines conditions susceptible de protection par le droit d’auteur, la question du partage de valeur ou de rémunération collective se pose. Plusieurs contentieux ont déjà été engagés concernant l’utilisation de code open source pour entraîner des systèmes d’IA sans attribution aux développeurs d’origine, notamment dans l’affaire relative à GitHub Copilot (affaire J. DOE 1 contre GitHub Inc., District Nord de Californie, Case 3:22-cv-06823, Nov 3, 2022).

3. La propriété intellectuelle du code généré par IA

Le code informatique est-il protégé par le droit d’auteur ?

Le code informatique est bien protégé par le droit d’auteur, le critère essentiel d’appréciation étant l’originalité.

Il est de jurisprudence constante (Cour de cassation, Assemblée Plénière, du 7 mars 1986, 83-10.477, affaire Babolat) que l’originalité en matière de code informatique s’apprécie en fonction de la marque de l’apport intellectuel caractérisée par le fait que l’auteur du code a « fait preuve d’un effort personnalisé allant au-delà de la simple mise en œuvre d’une logique automatique et contraignante ».

L’article L 112-2 (13°) du Code de la propriété intellectuelle (CPI) prévoit explicitement que les logiciels sont des œuvres de l’esprit.

Le code généré avec du vibe coding est-il protégeable ?

Même s’il est difficile d’avoir un avis définitif pour l’instant sur la protection du code généré avec du vibe coding, en l’absence de jurisprudence dédiée sur le sujet, il paraît raisonnable de considérer que la protection du code généré avec du vibe coding dépend principalement du degré d’intervention humaine dans le processus de création.

En droit d’auteur, seule une création reflétant un apport intellectuel propre de son auteur peut être protégée. Si le développeur utilise un outil d’IA en concevant l’architecture du programme, en formulant des instructions précises, puis en sélectionnant, modifiant et intégrant le code généré, le résultat devrait pouvoir être considéré comme une œuvre originale susceptible de protection par le droit d’auteur.

A l’inverse, si le code a été généré de manière largement automatisée par un système d’IA sans intervention humaine notable, la protection est plus incertaine.

En pratique, le vibe coding s’inscrit le plus souvent dans une logique de co-création entre le développeur et l’outil d’IA, ce qui conduit à apprécier l’originalité au regard des choix et arbitrages effectués par le développeur dans la conception et la structuration du logiciel.

En résumé, l’utilisation d’un système d’IA pour générer du code n’exclut donc pas la protection par le droit d’auteur mais conduit à orienter l’analyse de l’originalité vers les choix créatifs opérés par le développeur.

À qui appartient le code créé avec du vibe coding ?

Le code créé avec du vibe coding appartient en principe à son auteur, dès lors qu’il constitue une œuvre de l’esprit protégeable par le droit d’auteur. En droit français comme dans la majorité des systèmes juridiques, les droits sur un logiciel appartiennent à la personne qui a réalisé l’apport intellectuel à l’origine du code.

Lorsque le vibe coding est utilisé comme un outil d’assistance à la programmation, l’auteur sera donc généralement le développeur qui conçoit l’architecture du programme, formule les instructions et sélectionne ou modifie le code généré.

Il convient toutefois de tenir compte de deux éléments importants. En premier lieu droit français d’après l’article L113-9 du CPI, les droits patrimoniaux sur les logiciels créés par des salariés dans l’exercice de leur fonction sont dévolus à l’employeur. En second lieu, les licences d’utilisation ou conditions générales d’utilisation des outils d’IA utilisés pour le vibe coding peuvent prévoir certaines règles concernant l’utilisation ou la réutilisation du code généré.

Il est donc recommandé d’examiner attentivement ces conditions contractuelles ainsi que le cadre de la relation de travail ou de prestation.

Comment prouver l’intervention humaine dans du code généré par IA ?

En droit d’auteur, la protection d’un logiciel suppose l’existence d’un apport intellectuel humain caractérisant l’originalité de l’œuvre. Lorsque du code est généré avec l’aide d’un système d’IA, il peut donc être utile de documenter l’intervention du développeur afin de démontrer que le code résulte bien de choix créatifs humains.

Documenter l’intervention du développeur est un point important pour faciliter la reconnaissance de la titularité des droits d’auteur sur le code généré.

Plusieurs éléments peuvent contribuer à établir cette intervention, par exemple  :
– la conservation des prompts et des échanges avec l’outil d’IA ;
– les versions successives du code (historique Git, commits, modifications) ;
– la documentation de l’architecture logicielle et des choix techniques effectués par le développeur ;
– les traces d’édition, d’intégration et d’adaptation du code généré.

Dans ce contexte, la mise en place de bonnes pratiques de traçabilité du processus de développement devient un enjeu important pour sécuriser la titularité des droits sur les logiciels développés avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle.

Le code généré par IA peut-il violer des licences open source ?

Oui, ce risque existe et fait actuellement l’objet de nombreux débats juridiques.

Les systèmes d’IA utilisés pour le vibe coding sont entraînés sur de vastes corpus de code informatique, comprenant notamment des dépôts open source, par exemple sous licence GNU GPL. Dans certains cas, le code généré peut reproduire ou s’inspirer de fragments de code existants. Si ces bouts de code proviennent de projets soumis à des licences copyleft leur intégration dans un logiciel peut créer certaines obligations contractuelles, notamment de publier le code source sous la même licence que le code d’origine. Ces licences sont souvent désignées sous le nom de licences contaminantes.

Deux interprétations juridiques sont aujourd’hui discutées.

La première, la plus répandue, considère que l’effet contaminant ne s’applique que si le code généré reproduit effectivement des fragments identifiables de code soumis à une licence copyleft. Dans cette hypothèse, il est recommandé de procéder à un audit du code généré, comparable à un contrôle anti-plagiat, afin de détecter d’éventuelles correspondances avec des dépôts open source.
Une seconde interprétation, plus extensive et aujourd’hui marginale, consiste à considérer que dès lors qu’un modèle d’IA a été entraîné sur du code soumis à des licences copyleft, le code généré devrait lui-même être soumis à ces licences. Une telle approche aurait des conséquences importantes, puisqu’elle remettrait en cause la possibilité de protéger ou d’exploiter de manière propriétaire du code généré par IA.

L’utilisation de code généré par IA peut ainsi exposer les entreprises à des contraintes liées aux licences open source ou à l’introduction involontaire de dépendances problématiques.

Quelle licence adopter pour du code développé avec l’aide d’une IA ?

Le choix de la licence pour un code développé avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle dépend avant tout de la stratégie du projet logiciel et du cadre juridique applicable au code généré. Si le code est protégeable par le droit d’auteur et que le développeur ou l’entreprise en est titulaire, il peut être distribué au choix sous une licence propriétaire ou sous une licence entièrement ou partiellement open source (MIT, Apache 2.0, GPL…).

En pratique, les entreprises ont intérêt à mettre en place des procédures d’audit du code généré et de vérification des licences, comparables à celles utilisées pour la gestion des dépendances open source dans les projets logiciels classiques.

Les prompts utilisés pour générer du code peuvent-ils être protégés par le droit d’auteur ?

Oui si ces prompts sont originaux rien ne s’oppose à ce qu’ils soient protégés par le droit d’auteur en tant qu’œuvres de l’esprit.

4. Risques juridiques du vibe coding

Qui est responsable en cas de bug ou de faille dans du code généré par IA ?

La responsabilité incombe à la personne ou à l’entreprise qui développe, intègre ou met à disposition le logiciel auprès des utilisateurs ou du public. L’utilisation d’un outil d’intelligence artificielle pour générer du code ne transfère pas la responsabilité vers le fournisseur de l’IA.
Par ailleurs, les systèmes d’IA de génération de code prévoient souvent dans leurs conditions générales d’utilisation des clauses indiquant qu’aucune garantie n’est fournie quant aux sorties (output).

Il appartient donc aux développeurs et aux entreprises d’effectuer les tests, audits de sécurité et revues de code nécessaires avant toute mise en production. Il paraît inadapté au regard de l’état de l’art technologique, d’exiger des systèmes d’IA une garantie d’absence de bug ou de vulnérabilité dans le code généré. L’IA constitue un outil d’aide au développement, mais la responsabilité finale de la qualité et de la sécurité du logiciel reste humaine.

Quels risques de confidentialité ou de fuite d’informations avec les outils de vibe coding ?

L’utilisation d’outils d’IA pour générer du code peut présenter des risques de confidentialité, en particulier lorsque les développeurs transmettent au système des éléments de code ou des informations techniques sensibles.

Ces risques sont particulièrement importants lorsque l’outil d’IA est exploité via un service en ligne et non déployé localement. Les instructions (prompts), extraits de code ou descriptions d’architecture transmis au système peuvent être traités sur des serveurs tiers et, selon les conditions d’utilisation du service, être conservés, analysés ou utilisés pour améliorer les modèles.

Dans ce contexte, il existe un risque de divulgation d’informations couvertes par le secret des affaires, notamment lorsqu’un développeur soumet du code propriétaire, des algorithmes internes ou des éléments d’architecture logicielle sensibles.

Pour limiter ces risques, les entreprises peuvent notamment :
– encadrer l’utilisation des outils d’IA par des politiques internes,
– éviter d’y soumettre du code confidentiel ou stratégique,
– privilégier des solutions déployées localement ou dans des environnements sécurisés,
– vérifier les conditions contractuelles et les politiques de traitement des données des fournisseurs d’IA.

L’utilisation d’outils de vibe coding doit ainsi être compatible avec les obligations de protection du secret des affaires et, le cas échéant, avec les politiques internes de sécurité de l’information de l’entreprise.

Le code généré avec du vibe coding peut-il être réutilisé par les fournisseurs d’IA pour entraîner leurs modèles ?

Il n’y a pas de réponse absolue à ce niveau, ce point est généralement encadré par les licences et conditions d’utilisation des systèmes d’IA générative. Certains systèmes d’IA permettent à l’utilisateur de choisir si ses prompts et les contenus générés pourront ou non être utilisés pour améliorer le modèle.

5. Bonnes pratiques de vibe coding pour les entreprises

Peut-on utiliser du code généré par IA dans un logiciel commercial ?

Dans la plupart des cas, le code généré par IA peut être utilisé dans un logiciel commercial. Plusieurs précautions juridiques doivent être prises, notamment afin de vérifier que le code généré ne reproduit pas des fragments soumis à des licences open source contraignantes et que les conditions d’utilisation de l’outil d’IA autorisent l’exploitation commerciale du code généré.

Quelles bonnes pratiques adopter avant de faire du vibe coding ou de publier ou déployer du code généré par IA ?

Avant toute mise en production, il est recommandé de :
– éviter de divulguer des informations confidentielles ou du code propriétaire lors du prompting
– vérifier les conditions d’utilisation de l’outil d’IA et les règles applicables aux outputs générés
– procéder à une revue humaine du code et à des tests techniques approfondis
– vérifier l’absence de vulnérabilités de sécurité et la robustesse du logiciel
– effectuer un audit de licences et de similarité afin de détecter d’éventuels fragments issus de logiciels soumis à des licences open source contraignantes
– documenter l’intervention humaine dans le processus de développement (prompts, modifications, historique Git) afin de sécuriser la titularité des droits.

De manière générale, le code généré avec l’aide d’une IA doit être considéré comme un code à vérifier et à auditer, et non comme un code prêt à être utilisé sans contrôle.
Les entreprises utilisant des outils de vibe coding doivent donc intégrer ces enjeux juridiques dans leurs pratiques de développement logiciel, notamment en matière de propriété intellectuelle, de licences open source et de gestion des risques

Accompagnement juridique

Le cabinet D&A accompagne les entreprises, startups et développeurs sur les questions juridiques liées à l’intelligence artificielle, à la propriété intellectuelle des logiciels et à la conformité au cadre européen de l’IA.

Dernière mise à jour : mars 2026.

Par Matthieu Quiniou – Avocat Associé

𝐕𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫𝐬 : 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞

Ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026 relative à la commercialisation à distance de services financiers auprès des consommateurs 

L’ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026 est prise sur le fondement de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 (DDADUE) et assure la transposition de la directive (UE) 2023/2673 du 22 novembre 2023 relative à la vente à distance de services financiers. Elle coordonne également le droit applicable avec la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques (« loi Cazenave »), notamment en matière de démarchage téléphonique.

Cette ordonnance a pour objectif de renforcer la protection des consommateurs dans le cadre de la commercialisation à distance de services financiers, en tenant compte du développement des ventes en ligne et de la disparition de la directive 2002/65/CE, désormais intégrée dans la directive 2011/83/UE relative aux droits des consommateurs.

En premier lieu, l’ordonnance renforce le droit de rétractation en facilitant son exercice. Lorsque le contrat est conclu par voie électronique, le professionnel doit mettre à disposition une fonctionnalité de rétractation spécifique permettant au consommateur d’exercer aisément ce droit.

En deuxième lieu, elle renforce les obligations d’information précontractuelle. Le professionnel doit fournir au consommateur, avant la conclusion du contrat, des informations précises, notamment sur les modalités de réclamation, les conséquences d’un défaut ou retard de paiement, ainsi que sur l’existence éventuelle de mécanismes de prise de décision automatisée influençant le prix ou les conditions du contrat.

En troisième lieu, l’ordonnance encadre plus strictement les interfaces numériques utilisées pour la commercialisation à distance. Le professionnel est tenu de fournir des explications claires et adaptées et doit garantir au consommateur la possibilité d’entrer en contact avec une personne humaine lorsqu’il recourt à des outils numériques.

En quatrième lieu, l’ordonnance actualise le régime de sanctions. Elle étend les compétences de contrôle de la DGCCRF à l’ensemble des dispositions relatives à la vente à distance de services financiers, y compris dans le secteur des assurances, et instaure un régime de sanctions administratives dépénalisées, aligné sur le régime de droit commun du code de la consommation, sans remettre en cause les pouvoirs de sanction de l’ACPR.

Par ailleurs, lorsque le contrat est conclu par téléphonie vocale, l’ordonnance instaure un mécanisme de « vente en deux temps », imposant au professionnel d’adresser au consommateur une confirmation préalable de son offre avant tout engagement de sa part.

Enfin, en cohérence avec la loi Cazenave, l’ordonnance abroge en grande partie l’article L. 112-2-2 du code des assurances, rendu obsolète par l’interdiction du démarchage téléphonique non sollicité à compter du 11 août 2026.

L’ordonnance est structurée en sept titres modifiant notamment le code de la consommation, le code des assurances, le code de la mutualité, le code de la sécurité sociale et le code monétaire et financier. Elle entre en vigueur le 19 juin 2026, à l’exception de l’article 18 (11 août 2026) et de l’article 9 relatif à la vente par téléphonie vocale (1er janvier 2027).

Par Margaux FRISQUE – Avocate Associée – Experte Contrats et Contentieux

Intégrer une offre crypto sans agrément : quelles options possibles ?

Avec l’entrée en application du règlement « MiCA », la fourniture de services sur crypto-actifs dans l’Union européenne est strictement réservée aux prestataires dûment autorisés. 

Or, pour de nombreux acteurs, l’obtention d’un agrément PSCA (pour « Prestataire de services sur crypto-actifs ») implique des investissements organisationnels, techniques et réglementaires substantiels, parfois évalués à plusieurs centaines de milliers d’euros par an.


Dans ce contexte, une question se pose : est-il possible de proposer une offre crypto cohérente sans être soi-même titulaire d’un agrément ?

MiCA ne prévoit aucun statut d’« agent » de PSCA. Un acteur non agréé ne peut donc ni agir pour le compte d’un prestataire, ni fournir un service sur crypto-actifs sous sa responsabilité.

Pour autant, l’expérience montre que certaines configurations demeurent envisageables. Les partenariats noués par Bitpanda avec des acteurs non PSCA en offrent une illustration, à condition d’une structuration particulièrement rigoureuse.


1. Le modèle d’apporteur d’affaires

Le schéma d’apporteur d’affaires constitue la voie non régulée la plus accessible. 

Il repose sur une exigence simple : se limiter à la mise en relation d’un utilisateur avec un PSCA agréé, sans intervenir dans le service lui-même.

Cela implique notamment :

  • une redirection purement fonctionnelle, dépourvue d’incitation ;
  • l’absence de collecte ou traitement d’informations clients ;
  • aucun accès aux ordres ou aux données transactionnelles ;
  • l’absence de tout discours commercial ou valorisant.

Tout écart, même limité, peut entraîner une requalification réglementaire.

Pour les acteurs souhaitant tester un marché ou structurer une première étape d’une stratégie crypto, ce modèle demeure donc la voie la plus simple et rapide.


2. La distribution en “marque grise”

Le modèle de marque grise constitue aujourd’hui la solution la plus équilibrée pour offrir une expérience crypto intégrée sans forcément nécessiter d’agrément PSCA.

Il s’agit d’un schéma de distribution dans lequel l’utilisateur accède à l’interface du prestataire depuis l’environnement de l’entreprise partenaire, généralement via une webview, tout en conservant une séparation stricte des rôles.

Sa réussite repose notamment sur trois exigences cumulatives.

La transparence : l’utilisateur doit pouvoir identifier clairement le prestataire agréé. L’interface peut être co-brandée, mais l’identité du PSCA doit apparaître de manière explicite à chaque étape. Aucun élément ne doit laisser croire que le service est fourni par l’entreprise facilitant l’accès.

La séparation technique : les flux sensibles – ordres, montants, données transactionnelles – doivent être traités exclusivement par le PSCA. L’intégration webview doit demeurer un simple accès visuel, dénué de capacité opérationnelle. 

La neutralité : le rôle de l’entreprise se limite à la mise à disposition d’un accès. Elle ne présente pas le service comme étant le sien, n’en assure pas la promotion et n’intervient à aucun moment dans le traitement opérationnel.

Lorsque ces exigences sont respectées, le modèle de marque grise peut permettre une expérience fluide, une intégration réaliste et, surtout, l’absence d’obligation d’agrément. Il constitue ainsi le format de distribution le plus largement utilisé dans les partenariats crypto sur le marché européen.

L’intégration des services du PSCA via API constitue la variante la plus ambitieuse de ce modèle, mais également la plus exposée. Si l’entreprise, même marginalement, interagit avec un ordre, transforme une instruction, accède à une donnée transactionnelle ou participe au traitement opérationnel, elle peut être requalifiée comme fournissant un service de réception-transmission ou d’exécution d’ordres. Or ces services sont réservés aux PSCA agréés.

Toute réflexion en ce sens doit donc, à titre de recommandation, être précédée d’un échange avec le régulateur (l’Autorité des marchés financiers en France) afin d’en apprécier la conformité.


3. Devenir soi-même PSCA : l’option structurelle

Certains acteurs choisiront d’obtenir eux-mêmes l’agrément PSCA. Cette option leur confère indépendance, maîtrise totale du service, capacité à bâtir un modèle économique complet, ainsi qu’une latitude nettement plus large dans la commercialisation de leur offre.

Pour les établissements financiers, certains raccourcis existent par ailleurs comme la procédure d’obtention accélérée de l’agrément PSCA ouverte aux établissements de crédit. Mais ils n’atténuent en rien la substance attendue.

4. Comment choisir votre modèle ?

La décision repose sur trois critères clés :

  • le degré d’intégration souhaité dans le parcours utilisateur ;
  • le niveau de responsabilité que l’acteur est prêt à assumer ;
  • l’orientation stratégique envisagée, entre partenariat, montée en puissance progressive ou internalisation du service.

Les acteurs capables de structurer un modèle conforme dès l’origine disposent d’un avantage réel : proposer une expérience crypto crédible, sans exposer l’entreprise à des risques réglementaires disproportionnés.

Pour envisager la structuration d’un modèle crypto conforme à MiCA, vous pouvez contacter Daniel Arroche via le formulaire figurant en bas de cette page.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre exclusivement informatif et ne constituent ni un conseil juridique ni une recommandation d’investissement ; elles doivent être adaptées à la situation propre de chaque acteur et ne sauraient engager la responsabilité de d&a partners ou de ses avocats, qui recommandent à tout lecteur de solliciter un accompagnement professionnel avant toute décision liée à la mise en place d’une offre crypto ou à l’interprétation du règlement MiCA.

d&a partners accueille Pauline Robin comme associée et renforce son Pôle Regulatory

d&a partners poursuit son développement avec l’arrivée de Pauline Robin, qui prend la tête du Pôle Regulatory Bancaire du cabinet. Cette nomination s’inscrit dans la volonté du cabinet de renforcer son accompagnement auprès des acteurs de la finance, des fintechs et des crypto-actifs dans un environnement réglementaire en constante évolution.

Une expertise reconnue en droit bancaire et financier

Avocate spécialisée en droit bancaire et financier, Pauline Robin a débuté sa carrière au sein de Caceis Bank, avant de rejoindre CMS Francis Lefebvre puis le cabinet international A&O Shearman.
Son parcours lui a permis d’acquérir une expertise approfondie sur des thématiques réglementaires complexes et en pleine mutation. Elle intervient notamment sur les problématiques liées à la conformité bancaire et à la réglementation financière, deux enjeux clés pour les institutions dans le contexte actuel.

Un accompagnement dédié aux acteurs de la finance et de l’innovation

Pauline Robin conseille ses clients sur une large gamme de sujets réglementaires :

  • les services de paiement,
  • la monnaie électronique,
  • la gestion d’actifs,
  • ainsi que l’accompagnement des institutions financières, fintechs et acteurs crypto dans leurs relations avec les autorités de supervision telles que l’AMF et l’ACPR.

Grâce à son expérience, elle aide les entreprises à anticiper les évolutions législatives et à transformer les contraintes réglementaires en véritables leviers de croissance.

Une offre Regulatory renforcée

Aux côtés de Daniel Arroche, associé en charge des sujets réglementaires liés aux crypto-actifs, Pauline Robin contribue à structurer une offre Regulatory complète au sein de d&a partners.
Cette offre couvre l’ensemble des enjeux de conformité bancaire et de réglementation financière, en particulier dans le cadre de nouvelles initiatives européennes comme le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets).

En s’appuyant sur cette double expertise, bancaire et crypto, le cabinet est en mesure d’accompagner ses clients à chaque étape de leur développement : structuration de leurs activités, mise en conformité avec les autorités de supervision, sécurisation juridique de leurs opérations.

Un accompagnement au service de l’innovation

Le renforcement du Pôle Regulatory illustre l’engagement de d&a partners à proposer des solutions adaptées aux défis rencontrés par les banques traditionnelles, les fintechs en forte croissance et les acteurs innovants de l’écosystème crypto.

Nous sommes heureux d’accueillir Pauline au sein de d&a partners et de renforcer, grâce à elle, notre accompagnement auprès de nos clients dans un secteur où la réglementation évolue rapidement et impose rigueur, anticipation et innovation.

Bienvenue Pauline !

d&a partners accompagne Suzaku dans sa levée de fonds de 1,5 million de dollars

Le cabinet d&a partners a accompagné Suzaku, un projet innovant dédié à la décentralisation sécurisée de l’écosystème Avalanche, dans le cadre de sa structuration et de sa levée de fonds d’un montant total de 1,5 million de dollars.

Cette opération a été menée par l’équipe Corporate composée de Stéphane Daniel et Clarice Duclos, et s’est structurée autour d’un tour de seed, de ventes publiques et de subventions accordées par la Fondation Avalanche.

Un projet stratégique pour Avalanche

En tant qu’acteur clé de l’infrastructure Web3 sur Avalanche, Suzaku entend franchir une nouvelle étape grâce à cette levée, en renforçant son rôle dans la décentralisation des blockchains de niveau 1 (L1s).

Cette opération constitue une avancée stratégique vers la construction d’une couche de staking de référence sur Avalanche, contribuant à la sécurisation et au développement de l’écosystème.

d&a partners accompagne Million Victories dans sa levée de fonds de 40 millions de dollars

Le cabinet d&a partners a accompagné Million Victories, studio lyonnais à l’origine du jeu de stratégie mobile Million Lords, dans le cadre de sa levée de fonds Série B de 40 millions de dollars.

Cette opération a été menée par l’équipe Corporate composée de Stéphane Daniel, Clarice Duclos et Thomas Letzelter. Elle a été pilotée par Haveli Investments, avec le soutien renouvelé de Griffin Gaming Partners et Eurazeo.

Un nouvel élan pour Million Victories

Grâce à cette levée, Million Victories amorce une nouvelle phase de développement ambitieuse :

  • le renforcement de ses équipes,
  • une expansion accélérée en Europe, aux États-Unis et en Asie,
  • et la mise en œuvre de moyens pour s’imposer comme un acteur de premier plan dans l’univers du gaming mobile.

Vers une position de leader mondial

Cette levée de fonds constitue une étape clé dans la stratégie de croissance de Million Victories, qui ambitionne désormais de se positionner comme un leader mondial du jeu mobile.

Modernisation du droit de la preuve à l’ère du numérique

Notre associé, Margaux Frisque, en charge du département Contrats et Contentieux, signe un article dans la revue Option Droit & Affaires sur la modernisation du droit de la preuve à l’ère numérique.

À l’heure où les technologies transforment les rapports de force, le droit de la preuve connaît une métamorphose silencieuse mais décisive. En 2025, la jurisprudence française s’ouvre à de nouveaux outils :

  • enregistrements générés par l’intelligence artificielle,
  • horodatages via blockchain,
  • données issues de logiciels vocaux.

Ces innovations redéfinissent les frontières entre preuve licite, vie privée et secret des affaires.

Le panorama des décisions récentes révèle une tendance nette : le juge s’empare de la technologie pour renforcer l’efficacité probatoire, tout en préservant les droits fondamentaux.

Retrouvez la lettre ODA en cliquant ici.



d&a partners s’installe à Sophia Antipolis


Toujours plus proche des écosystèmes innovants, d&a partners s’implante au cœur de la première technopole d’Europe. Situé sur le Boulevard du Cap à Antibes, notre nouveau bureau conseille les entreprises technologiques et fonds d’investissement dans leurs opérations à forte valeur ajoutée : structuration de projets complexes, levées de fonds (equity, dette, tokens), fusions-acquisitions, DAO, DeFi, tokenisation…
Sur place, notre associé Stéphane Daniel, avec son équipe, met en œuvre une approche juridique intégrée, conçue pour répondre aux enjeux spécifiques des secteurs technologiques et financiers, dans un environnement en constante évolution.
Nos équipes conjuguent leurs expertises en corporate, regulatory, contentieux, fiscal, social et IP/IT/Data pour construire des solutions juridiques sur mesure, adaptées aux exigences des écosystèmes les plus dynamiques.
Un point de convergence entre droit, innovation et croissance.

Sous MiCA, la France doit rester pionnière

Notre associé, Margaux Frisque, en charge du département Contrats et Contentieux, signe une tribune dans le magazine Décideurs Patrimoine aux côtés des entreprises du secteur.

Alors que l’écosystème crypto entre dans une nouvelle phase de régulation avec l’entrée en vigueur du règlement MiCA, le cadre juridique se fait de plus en plus complexe et les acteurs du secteur rencontrent des défis juridiques et opérationnels inédits.

Retrouvez l’article sur en cliquant ici.

La prévention des abus de marché sur cryptoactifs dans le règlement MiCA

Par Me Margaux Frisque, associé en charge du département Contrats et Contentieux, et Me Joseph Bohbot, collaborateur au sein du cabinet : la prévention des abus de marché sur cryptoactifs dans le règlement MiCA.

Le monde financier connaît une transformation profonde, comme en témoigne l’engouement sans précédent pour les cryptoactifs. Entre démocratisation et propension croissante à se tourner vers des placements variés, l’investissement dans les cryptoactifs n’est plus l’apanage de quelques initiés, mais concernerait 10 % de la population en France en 2024. Alors que le cours du Bitcoin a atteint le palier symbolique 1 BTC : 100 000 USD l’année dernière, le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) pose ainsi dès le 1er janvier 2025 un cadre juridique pour prévenir les abus de marché et garantir une plus grande transparence dans ce secteur en pleine évolution. […]

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